Sortie printanière dans les garrigues du Pays catalan

Samedi 11 avril. Nous sommes une vingtaine à nous retrouver sur le parking de Sainte-Colombe-de-la-Commanderie. Le village, perché sur sa butte à 150 mètres d’altitude, veille sur les alentours.

Le temps est doux avec quelques nuages épars.

Très vite, nous entrons dans la garrigue. Le paysage s’ouvre, bas et lumineux, dominé par une végétation rase et odorante : alzines (chênes verts) et chênes kermès, arbustes touffus, plantes aromatiques adaptées à la sécheresse. Un milieu façonné par le vent, le soleil, l’homme et la pauvreté du sol.

Sous nos pieds, la terre est sèche, maigre, mêlant argile et calcaire et la piste caillouteuse.

Une surprise un peu plus loin au bord de la piste : huit ou dix pots de blaireau, certainement le propriétaire des traces précédentes.
Ce gros mustélidé excrète loin de son terrier dans des petits pots aménagés à cet effet.

Une mare bétonnée attire notre attention. Il y a peu d'eau où s'ébattent de petits têtards noirs. Sur la berge boueuse de la cuvette des traces de pattes de pies et de blaireau réveillent notre appétit de découvertes.

Un muret de pierres sèches attire le regard : on y distingue les tubes de soie, à la collerette étoilée, de Segestria florentina, une araignée assez commune.

Nous rejoignons ensuite la croisée des pistes, près d’un grand chêne au houppier encore imposant, malgré des élagages peu heureux. Thymus vulgaris  donne son parfum caractéristique à la garrigue.

Ce bref aperçu des espèces rencontrées témoigne d’un milieu anthropisé, mais encore vivant, où flore et faune parviennent à trouver leur place et à prospérer.

Sur le chemin du retour
nous remarquons Ophrys Lutea au disque jaune lumineux.

Liste des papillons:

Azuré de la badasse
Azuré du thym (A. de la sarriette) Azuré indéterminé
Citron
Citron de Provence
Machaon
Mégère (Satyre)
Pieridae indéterminé
Piéride de la rave
Proserpine
Tircis
Voilier blanc
Vulcain
Fidonie du Nerprun

Liste des oiseaux:
Alouette lulu
Bruant proyer
Bruant zizi
Busard cendré
Buse variable
Chardonneret élégant
Étourneau sansonnet
Faucon crécerelle
Fauvette mélanocéphale
Fauvette orphée
Fauvette passerinette
Fauvette pitchou
Grand Corbeau
Hirondelle rustique
Merle noir
Mésange à longue queue
Mésange bleue
Moineau domestique
Pigeon biset
Pigeon ramier
Rougequeue noir
Serin cini
Tarier pâtre

Zoom sur des papillons

La Proserpine (Zerynthia rumina) est une espèce protégée en France, qui vole de fin février à juin voire juillet selon l'altitude dans les départements du pourtour méditerranéen. Elle a la particularité d'utiliser un seul genre de plante pour sa reproduction, le genre Aristolochia. 

En effet, l'adulte appelé imago, pond des œufs isolés sur un ou plusieurs pieds de la plante et sur différentes parties de celle-ci (fleurs, fruits, feuilles). Les aristoloches sont des plantes toxiques, la chenille se nourrit de ces dernières qui lui confèrent leur toxicité. Les ailes des adultes sont magnifiquement ornées de tâches rouges et bandes noires sur un fond crème à jaunâtre. Ces couleurs sont dites aposématiques et sont utiles pour prévenir les potentiels prédateurs de leur toxicité. L'espèce passe l'hiver en chrysalide.

Elle est typique des garrigues ouvertes, pelouses sèches et éboulis rocheux. Dans ce contexte elle utilise principalement l'Aristoloche pistoloche. Les réouvertures de milieu volontaires ou involontaires (incendies) lui sont particulièrement favorables. Cependant elle peut également utiliser d'autres aristoloches comme l'Aristoloche à feuilles rondes ou l'Aristoloche à nervures peu nombreuses en milieux mésophiles à humides (notamment vers le littoral, dans les prades et en bords de ruisseaux ou fossés).

L'Azuré de la Badasse (Glaucopsyche melanops)

Ce petit azuré se reconnaît aux grandes ocelles présentes sur le revers des ailes antérieures et se différencie de L'Azuré des cytises par la présence d'une suffusion bleue plus réduite voire absente à la base du revers des ailes postérieures.
C'est un papillon présent dans le Sud de la France. Il fréquente les landes et garrigues et se reproduit sur la Badasse et autres fabacées comme les Genêts. L'espèce est myrmécophile, c'est-à-dire qu'elle entretien des relations biotiques avec des espèces de fourmis. Ce n'est pas très bien documenté pour cette espèce mais il semble qu'il s'agisse d'une symbiose, les fourmis "s'occupent" et défendent les chenilles qui sécrètent en échange une substance sucrée (miellat) très appréciée.

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